Étape 1 du cycle · /sdd intent

Intent Statement — capturer le POURQUOI humain

L'Intent Statement capture et archive l'intention humaine derrière chaque fonctionnalité, indépendamment de la spécification qui en découle. C'est un artefact de premier ordre : il précède et transcende la SPEC.

Pourquoi cet artefact existe

Dans six mois, quand une fonctionnalité est contestée ou doit être révisée, la question essentielle n'est pas « qu'est-ce que la SPEC dit ? » mais « qu'est-ce que l'équipe voulait accomplir, et pourquoi ? ». La SPEC répond à la première question. L'Intent Statement archivé répond à la seconde.

Sans cet archivage, l'intention se perd dans le bruit des itérations — c'est l'une des causes profondes de la dette intentionnelle. L'Intent Statement est aussi une décision d'optimisation mesurable : les sessions ancrées sur une intention explicite consomment significativement moins de tokens (R2Code, arXiv 2026 : −41,7 % ; AWS Strands, 2026 : −96 % sur workflows intent-based).

Les cinq champs obligatoires

## Intent Statement — [ID] — [Titre]

**Auteur humain :** [Prénom Nom] — [Date]

**POURQUOI MAINTENANT**
Qu'est-ce qui a changé dans le monde, dans le produit, ou dans la
compréhension de l'équipe pour que cette fonctionnalité soit
nécessaire aujourd'hui ?

**POUR QUI**
Quel humain va voir sa vie changer, et comment ? Soyez précis sur
la personne, pas sur le persona.

**OBJECTIF**
Ce qu'on cherche à accomplir — formulé en termes d'impact, pas de
fonctionnalité.

**CONTRAINTES**
Ce qu'on ne sacrifiera pas — valeurs, qualité, éthique, ressources.

**CRITERE DE DRIFT**
Comment saura-t-on, dans 3 mois, si l'implémentation a trahi
l'intention initiale ?
[Si des actions d'agent ont des effets hors du code : classe
de réversibilité et seuil d'arrêt — voir ci-dessous]

Le cinquième champ — le CRITÈRE DE DRIFT — ancre la vérification de fin d'itération non plus uniquement sur une vérification technique (le code correspond-il à la SPEC ?) mais sur une vérification d'intention : l'implémentation reflète-t-elle ce que l'humain voulait vraiment ? Il est revérifié à chaque Drift Lock.

Classe de réversibilité et seuil d'arrêt

Lorsque l'intention implique des actions d'agent aux effets hors du code — financiers, opérationnels ou matériels —, le Critère de Drift précise leur classe de réversibilité (doctrine AIAD v1.9) :

Les trois classes de réversibilité d'une action d'agent
ClasseDéfinition
RéversibleAnnulable sans coût.
Coûteusement réversibleAnnulable avec une perte : argent, temps, restauration depuis une sauvegarde.
IrréversibleNon annulable : paiement exécuté, engagement contractuel, suppression définitive, action physique sur un équipement.

Pour la classe irréversible, le Critère de Drift fixe un seuil d'arrêt, pas un simple indicateur de suivi : tout dépassement d'autonomie constaté — dépense au-delà du plafond, action hors du périmètre délégué, tentative de masquer ou d'altérer ses propres traces — déclenche l'arrêt immédiat de l'agent et une revue humaine, et non un signalement a posteriori.

Une alerte de facturation n'est pas un seuil d'arrêt

Les alertes de facturation des fournisseurs sont conçues pour des erreurs à vitesse humaine : elles peuvent accuser jusqu'à 24 heures de retard (incidents de dépassement documentés par InfoQ, juillet 2026). Elles ne remplissent pas le rôle d'un seuil d'arrêt.

Les points de contrôle réglementaires associés sont détaillés dans AIAD-AI-ACT, profil « Agents à effet irréversible ». La classe déclarée ici est reprise par la SPEC (section « Périmètre d'exécution de l'agent ») et vérifiée à l'Execution Gate — voir Autonomie de l'agent.

La règle Human Authorship

Non négociable

Le champ Auteur humain est obligatoire et rempli délibérément — jamais automatiquement. Si un agent a rédigé l'Intent Statement, la session est invalidée. L'Execution Gate ne peut pas être passée sans un Intent Statement dont l'auteur est humain et identifiable.

Cette friction minuscule est intentionnelle : elle marque le moment de l'appropriation. L'agent peut enrichir, questionner, affiner — il ne peut pas initier. La skill human-authorship-check vérifie ce principe à chaque /sdd intent et /sdd init. Voir l'article Human Authorship.

La commande /sdd intent

La commande guide la rédaction des cinq champs, vérifie la complétude, puis crée le fichier INTENT-NNN-[nom].md dans .aiad/intents/ et met à jour l'index _index.md.

Elle applique le pattern Interrogatory LLM (Fowler, 2026) : l'agent construit le contexte par questions ciblées plutôt que passivement — il interroge l'humain pour révéler l'intention, il ne la devine pas. En cas de doute, il répond JNSP plutôt que d'inventer.

Modes d'exécution de /sdd intent
ModeComportement
--guidedQuestions une par une, concepts expliqués, exemples proposés — pour une première utilisation.
--fastInputs attendus en bloc, rendu direct — mode expert.
(aucun flag)Auto-détection selon la maturité de la structure .aiad/.

Indicateurs de succès

  • Intent Statements archivés pour 100 % des fonctionnalités majeures ;
  • taux d'alignement intention/livraison supérieur à 80 % (mesuré lors de l'Atelier d'Intention) ;
  • auteur humain identifiable sur chaque Intent Statement à 100 %.

Anti-patterns

« Propose-moi un Intent Statement pour gagner du temps »

Demander à l'agent de rédiger l'Intent invalide la session. La paternité de l'intention ne se délègue pas — c'est la valeur 7 du framework, et la réponse directe aux exigences de supervision humaine de l'AI Act (art. 14) pour les systèmes à haut risque.

Dans le code et la traçabilité

Chaque Intent est référencé par l'annotation @intent INTENT-NNN dans le code applicatif, croisée par la matrice de traçabilité (/sdd trace) avec les annotations @spec et @verified-by : la chaîne Intent ↔ SPEC ↔ Code ↔ Tests devient machine-vérifiable.