Empirisme sans concession

Métriques — mesurer la valeur, pas l'activité

Les métriques AIAD informent les décisions — elles ne les dictent pas. Générées organiquement par le cycle SDD lui-même et persistées dans .aiad/metrics/, elles mesurent des outcomes, jamais de la vélocité.

Philosophie : outcome, pas output

Dans une approche data-driven, les chiffres décident. Dans l'approche data-informed d'AIAD, les chiffres éclairent : on optimise la valeur, pas la métrique, et on lit des tendances plutôt que de réagir aux fluctuations. C'est la cinquième valeur du framework — l'empirisme sans concession — appliquée à la mesure elle-même.

Conséquence directe : on ne mesure pas la vélocité. Compter des points de story ou des lignes de code, c'est mesurer de l'activité. SDD Mode mesure ce qui compte : la fonctionnalité livrée résout-elle le problème, reflète-t-elle l'intention, et le flux qui l'a produite est-il sain ? Une bonne métrique est actionnable, compréhensible, comparable et honnête — difficile à manipuler sans amélioration réelle (loi de Goodhart).

Le SQS — Spec Quality Score

Le SQS est la métrique d'entrée du cycle : il conditionne l'ouverture de l'Execution Gate. Cinq critères scorables — atomicité, précision, testabilité, non-ambiguïté, scope défini — complétés par un sixième critère non scorable, le Test de l'Étranger : une personne extérieure au projet comprendrait-elle la SPEC sans contexte oral ?

  • SQS ≥ 4/5 → Gate ouverte, l'agent peut démarrer ;
  • SQS < 4/5 → retour en révision, avec plan de remédiation critère par critère ;
  • SQS partiellement non scorable → score ?/5 et Gate INCONNUE — verdict JNSP, décision humaine requise. Jamais d'auto-blanchiment.
Bonus EARS (depuis aiad-sdd 1.11)

Une SPEC au format EARS dont le lint strict (règles R1-R7) ne relève aucune violation gagne +1 garanti sur le critère Testabilité ; une seule violation force ce critère à 0.

Les métriques SDD

Propres au cycle, elles mesurent la santé du processus spec-anchored. Elles sont calculées par /aiad retro et agrégées par les dashboards :

Métriques SDD et leurs cibles
MétriqueCe qu'elle mesureCible
SQS moyenQualité des SPECs livrées sur la période.≥ 4/5 — alerte sous 3,5/5
Taux de driftSPECs désynchronisées du code, détectées par /sdd drift-check.Tendance en baisse
First-time success rateSessions agent réussies du premier coup, sans itération corrective.> 70 %
Taux d'alignement intention/livraisonIntent Statements dont le CRITÈRE DE DRIFT est respecté — vérifié à l'Atelier d'Intention.> 80 %
Ratio code généré / manuelPart du code produite par les agents vs écrite à la main.> 80/20

Un first-time success sous 70 % pointe vers un AGENT-GUIDE obsolète ou des SPECs mal rédigées ; un taux d'alignement sous 80 % interroge la qualité des Intent Statements eux-mêmes.

DORA Metrics

Les quatre indicateurs du programme DORA (Google) mesurent la performance de livraison. AIAD les génère organiquement depuis .aiad/metrics/deployments/ — aucune saisie supplémentaire. La commande : /aiad dora.

Les 4 métriques DORA et le seuil du niveau Elite
MétriqueCe qu'elle mesureNiveau Elite
Deployment FrequencyFréquence des mises en production.≥ 1/jour
Lead Time for ChangesDélai commit → production (AIAD mesure aussi le Lead Time étendu intention → production).< 1 heure
Change Failure RatePourcentage de déploiements causant un incident.< 5 %
MTTRTemps moyen de rétablissement après incident.< 1 heure

Le rapport positionne chaque métrique sur l'échelle Elite / High / Medium / Low, puis remonte aux causes AIAD vérifiables : SPECs non atomiques, Gate fermée à répétition, SQS bas, gouvernance sautée. Ne visez pas Elite immédiatement — une progression d'un niveau par trimestre est réaliste, et un Change Failure Rate honnête vaut mieux qu'un hotfix non tracé.

Flow Metrics

Là où DORA évalue la livraison, les Flow Metrics évaluent la santé du flux de valeur, de l'idée au déploiement. La commande : /aiad flow.

Les 5 Flow Metrics
MétriqueCe qu'elle mesureRepère
Cycle TimeDurée exécution → déploiement (percentile 85, robuste aux valeurs aberrantes).< 3 jours
Lead TimeDurée Intent créé → déploiement, avec décomposition par étape.< 2 semaines
ThroughputSPECs livrées par semaine.Stable ou en hausse
WIPSPECs en cours simultanément.Limite explicite par PE
Flow EfficiencyTemps actif / temps total.15-40 % (normal)

L'analyse la plus précieuse est la décomposition du Lead Time, qui localise les goulots d'étranglement : un Lead Time de 15 jours avec un Cycle Time de 2 jours révèle 13 jours d'attente cachée — souvent entre l'Intent et la SPEC, ou dans les itérations de Gate. La loi de Little (Lead Time = WIP / Throughput) sert de levier : pour accélérer, réduire le WIP ou augmenter le Throughput.

Les dashboards

Les deux dashboards AIAD
CommandeFormatUsage
/aiad dashboardASCII, dans le chatRituel d'équipe — hebdomadaire (opérationnel, 15-20 min) ou mensuel (stratégique, 30-45 min, avec stakeholders).
/aiad dashboard-htmlHTML statique multi-pages dans dashboard/Pilotage continu — intents, SPECs, traçabilité, métriques, gouvernance, drifts, changelog. Régénéré à la demande, publiable (GitHub Pages).

Les deux puisent dans la même persistance .aiad/metrics/ (deployments, specs, standup, drift, retro…). Trois signaux du dashboard hebdomadaire déclenchent une action immédiate : un Cycle Time qui double, un SQS moyen sous 3,5/5, un Change Failure Rate au-dessus de 15 %.

Données manquantes = signal de processus

Un déploiement non tracé n'est pas un trou à combler par une estimation — c'est un signal que le processus fuit. Les commandes métriques alertent explicitement plutôt que de moyenner sur un échantillon incomplet.

Indicateurs de succès par responsabilité

Métriques de référence pour chacune des 5 responsabilités
ResponsabilitéIndicateurs de référence
Product ManagerAtteinte des Outcome Criteria > 70 %, satisfaction utilisateur > 8/10, adoption fonctionnalité > 60 % en 1 mois.
Product EngineerSQS moyen ≥ 4/5, taux d'alignement intention/livraison > 80 %, Cycle Time < 3 jours, drift en baisse.
Agents EngineerFirst-time success > 70 %, adoption agents > 90 %, ratio généré/manuel > 80/20, faux positifs < 20 %.
QA EngineerCouverture > 80 % backend / > 70 % frontend, bugs production en baisse (−20 %/trimestre), MTTD < 24 h.
Tech LeadDORA en progression, MTTR < 4 h, dette technique stable ou en baisse.
Efficacité n'est pas qualité

Une revue plus rapide n'est pas une revue meilleure : sur 1,02 million de pull requests étudiées en 2026, la revue impliquant des agents gagne du temps sans gagner en qualité. Les indicateurs de vitesse (Cycle Time, Lead Time, Throughput) se lisent donc toujours avec des indicateurs de qualité et d'intention (Change Failure Rate, drift, alignement intention/livraison). L'écart entre le gain de productivité à l'écriture du code et le gain, bien plus faible, à la livraison d'un logiciel fiable porte un nom — la Verification Tax — et c'est ce que l'investissement amont en SPEC et en Gate cherche à réduire. Voir le rôle du QA Engineer et la vérification dans la boucle Valider.

La boucle d'amélioration continue

Les métriques n'ont de sens que branchées sur une boucle PDCA : identifier un problème via les métriques, formuler une hypothèse, changer à petite échelle, mesurer avant/après, standardiser ou réessayer. Deux commandes l'outillent :

  • /aiad retro — la rétrospective collecte Lessons Learned et Human Learnings, calcule les métriques d'itération et engage 1 à 3 actions maximum, vérifiées à la rétrospective suivante ;
  • /sdd context — la boucle de feedback post-session compare le Context Engineering Budget estimé au réel (tokens, dégradation, durée) et recommande les optimisations de la prochaine session.

Cadence : surveillance automatique quotidienne, review équipe hebdomadaire (rétrospective), review outcomes mensuelle (sync stratégique), review du framework lui-même trimestrielle. Commencez avec cinq à sept métriques essentielles — mesurer tout, c'est ne piloter rien.